Les Rencontres du credas
Des passerelles pour plus de compétences
Lausanne, le 12 mars 2004
LE DIAGNOSTIC NOUS ENFERMERAIT-IL ?
(Compte-rendu)
Le diagnostic: un outil qui aide, un outil qui piège
Ces enfants qui n’ont pas
le handicap qu’ils devraient avoir
I – Quelques réflexions sur l’évolution
des connaissances
II – La notion d’étiquette
III – Conséquences perverses d’une
«étiquette précoce»
Les divers chemins du développement
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Ces enfants qui n’ont pas
le handicap qu’ils devraient avoir
II – La notion d’étiquette
La nécessité de pouvoir déterminer avec certitude
la cause, l’étiologie, le
«pourquoi» d’une maladie, d’une déficience,
d’un syndrome, d’une
malformation, d’un handicap est la permanente préoccupation
du malade, des
parents, des médecins, des soignants… Cette recherche est
licite et tout à fait
justifiée.
Elle permet:
- de mieux comprendre les difficultés de l’enfant et de
proposer parfois une
thérapeutique spécifique, d’énoncer des espoirs
thérapeutiques raisonnables,
d’éviter des handicaps secondaires…
- de soulager les parents en leur expliquant la cause des difficultés
de leur
enfant, bien souvent de les déculpabiliser et de pouvoir proposer
un conseil
génétique aux parents, à la fratrie, à la
famille…
- de pouvoir énoncer un pronostic avec la nécessaire prudence
que
l’expérience nous a permis de découvrir à
travers la reconnaissance,
l’acceptation et la compréhension de nos erreurs.
Mais contrairement à ce que certains veulent faire croire, et
en particulier
du fait de la divulgation très rapide des connaissances (course
à l’audimat des
médias, mondialisation, Internet…), nous ne savons pas «tout»
et beaucoup
d’étiologies restent à découvrir.
Les parents ont une certaine incompréhension devant notre ignorance
pensant que nous voulons leur «cacher» quelque chose, que
nous n’avons pas les compétences voulues, étant parfois
mieux informés que nous par les différents et rapides moyens
actuels de communication.
Mais si la précision, la compréhension et l’affirmation
d’une étiologie sont
fondamentalement importantes et nécessaires, n’y a-t-il pas
un risque d’enfermer
l’autre dans cette étiquette qui va s’attacher à
lui, en quelque sorte le
stigmatiser… mais le stigmate est toujours une étiquette
négative ou du moins
qui éloigne de l’humain (Goffmann).
La question essentielle étant alors de savoir:
- comment est-il possible que quelqu’un déclare que l’autre
est handicapé?
- comment sont énoncées les caractéristiques qui
permettent de dire:
handicap?
L’affirmation de ce diagnostic, de cette étiquette, de
cette étiologie,
permet :
- au temps présent de comprendre et d’adoucir la souffrance
car chacun
d’entre nous aime savoir la cause de ses maux;
- de s’interroger sur le passé: pourquoi cela m’arrive?;
pourquoi moi?
qu’ai-je fait? qui est le coupable?…
- enfin, de se projeter dans l’avenir avec le risque non négligeable
d’enfermer dans un futur … tout tracé.
C’est pour cette raison que je m’interroge et souhaite réfléchir
aux dangers du diagnostic qui piège, qui enferme…
Notre médecine doit-elle être sans
éthique mais avec des étiquettes !
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